La lune ronde et claire nous montre son vrai visage.
Dans les derniers jours d'un été traînant juste ce qu'il faut pour nous être agréable, ce sont les nuits qui nous apportent l'espoir.
Ces nuits de pleine lune que j'aime tant, où l'astre céleste joue à cache-cache avec les nuages. Ou encore qu'il nous illumine à la manière d'un gros lampion, de ceux que l'on allume pour la fête nationale, lumignons jaunes et verts, lucioles irréelles sur la lande.
C'est qu'elle nous domine, la Lune. Elle nous lance un clin d'oeil. Sa face craquelée semble perdue dans les millénaires passés.
Accoudé à la fenêtre je l'observe se confondre avec le ciel, se perdant dans une brume, dans une vapeur trouble. Elle est joueuse la Lune. Elle aime se montrer belle. Elle aime aussi se voiler d'un dais de velours bleu, si léger que l'on ne peut le ressentir qu'à travers les rêves.
La Lune, guide de nos nuits les plus belles, est aussi une grande perturbatrice. Qui n'a jamais dit : "La Lune est ronde, la nuit s'annonce courte."
Et quel autre satellite peut seulement se vanter de lancer des sorts à la mer ? D'un seul mouvement, elle change tout, transforme notre journée active et insensible en une nuit douce et tranquille, où tout revient à l'origine, comme au matin du monde.
La lune efface les traces de la journée. Elle nous enveloppe d'un drap irréel, jamais identique.
Laissez-moi vous guider sur le chemin qui mène à elle. Celui qui traverse les lieux et les cieux. Un pays d'où l'on ne revient jamais...
Image : tableau de Claude-Joseph Vernet.

