Non, décidément il y a un problème...
Août en octobre, on ne pourrait pas s'en plaindre il est vrai, mais tout de même, nous aimons apprécier le charme de chaque saison, goûter celui de l'été mais aussi celui de l'automne.
Il y a eu une saison pour les cèpes, une autre pour les chataîgnes. Et c'est alors que l'on devrait se dire : "ah, mais le froid arrive, les cristaux de givre sur les vitres et l'herbe craquante sous les pas des promeneurs matinaux."
Mais non... Au temps où les premières gelées auraient dû apparaître, un soleil brûlant semble s'être défintivement installé.
Cela a son côté positif, les oiseaux chantent, le ciel est bleu, on ne saurait s'en plaindre.
Et d'un autre côté l'automne a bien le temps d'arriver.
Suis-je versatile ? Oui, apparemment, le temps change avec mes humeurs et mes humeurs tournent avec les nuages. Il fait beau, je suis comme le ciel, libre. Il fait gris et froid, je suis mélancolique de l'heure où il a fait soleil. La tristesse m'accapare. Puis l'éclaircie revient, et un sourire avec.
Je suis peut-être bien un être de l'air, changeant, aussi bien qu'un être de feu impulsif ou un Elfe terrestre, proche de la nature.
Le sapin se moque de moi. Lui n'est pas partagé : son élément, c'est définitivement la terre, qui le fait vivre et s'épanouir en paix.
Pour le nuage, c'est l'air qui guide ses pas au hasard des pays qu'ils traversent. Il lui arrive de pleurer au-dessus des terres quand il repense à son pays natal, l'Océan sans cesse renouvelé, sans cesse ressuscité.
Le poisson préfère l'eau. La salamandre préfère le feu, dit-on, image légendaire de cet animal reptilien, lézard de flammes et de cendres.
Non, décidément je ne sais qui je suis : un Elfe, un Farfadet en quête d'identité, qui touche à tout ce qu'il trouve, qui veut engloutir le monde et l'adorer...

