Le ciel bleu aujourd'hui nous réveille. Un ciel clair, pur, serein, lavé de tout nuage. Seuls, quelques cirrus lointains s'empourprent dans le soleil se levant.
L'aube a des allures de renaissance. Prémices délicieuses d'un printemps agréable. L'herbe verte nous tend les bras. Le cerisier se pare de bourgeons rosés. Toute la Nature ressuscite.
Le petit air glacé nous surprend. Quelques grincheux ensommeillés me frôlent. Je les ignore. Ces gens vivent pour rien, ils ne prêtent aucune attention à la vie qui s'éveille après des semaines d'absence autour d'eux.
Même les corbeaux semblent ravis du changement. Leurs croassements semblent plus gais. Les mésanges joyeuses virevoltent de gouttière en gouttière, recueillant les gouttes de rosée dans leurs becs d'airain.
Une forte envie m'envahit soudain : celle de chanter à tue-tête, de sauter la barrière de barbelés pour me retrouver dans les champs où croissent les pissenlits, de contempler le paysage verdoyant de la contrée solitaire, cette maison au toit de chaume dont la cheminée semble farfadet et fume sa longue pipe. L'envie de grimper sur le flot instable de ces milliers d'étourneaux libres et bruyants. L'envie de m'essoufler sur les chemins de terre ocre. L'envie de siffler dans les forêts de conifères. Ces forêts pleines de fraîcheur qui m'emplissent les poumons.
Voilà ce qu'est le printemps...
Une éternelle et cyclique résurrection...
L'hiver a laissé derrière lui un bulbe endormi, qui germera en novembre...
Mais, si vous le voulez bien, je préfère pour l'instant marcher avec vous sur le sentier de l'infinie jeunesse, printemps...et n'oubliez pas : CARPE DIEM...
15.03.06
(photographie de : hermignonne)

